Aides financières

CEE et primes énergie : comprendre le dispositif

· par Rédaction EPICSE

Compteur électrique et tableau de distribution dans un logement
Le dispositif CEE est financé par les fournisseurs d'énergie, qui répercutent le coût sur les factures des consommateurs.

Les certificats d'économies d'énergie (CEE) constituent le deuxième dispositif d'aide à la rénovation énergétique en France par le volume financier, après MaPrimeRénov'. Financés par les fournisseurs d'énergie (les « obligés »), les CEE permettent aux particuliers d'obtenir des primes pour certains travaux de rénovation. La période en cours (P5) couvre les années 2022 à 2025.

Le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE) a été créé par la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme fixant les orientations de la politique énergétique, dite loi POPE. Le principe est le suivant : l'État impose aux fournisseurs d'énergie (électricité, gaz, fioul, carburants) une obligation de réaliser ou de faire réaliser des économies d'énergie. Ces fournisseurs, appelés « obligés », doivent atteindre un volume d'économies d'énergie fixé par décret sur une période pluriannuelle. Pour y parvenir, ils financent des travaux de rénovation chez les particuliers, les entreprises et les collectivités, et obtiennent en échange des certificats (les CEE) attestant des économies réalisées.

En pratique, les obligés ne réalisent pas eux-mêmes les travaux. Ils délèguent cette mission à des intermédiaires appelés « délégataires » ou « signataires de chartes », qui commercialisent les primes énergie directement auprès des particuliers. Les principales marques de primes énergie (Prime Énergie EDF, TotalEnergies Mon Énergie Tout Compris, Engie Ma Prime Économies d'Énergie) sont adossées à des obligés.

Les obligés et le mécanisme de marché

Les obligés sont les entreprises qui vendent de l'énergie aux consommateurs finaux au-delà d'un certain seuil de volume. Ils comprennent les fournisseurs d'électricité (EDF, Engie, TotalEnergies), les fournisseurs de gaz, les distributeurs de fioul domestique et les distributeurs de carburants. Au total, environ 2 500 entités sont soumises à l'obligation CEE sur la période P5 (2022-2025).

Les CEE ont une valeur marchande. Un obligé qui ne parvient pas à atteindre son objectif peut acheter des CEE sur un marché organisé (registre national Emmy, géré par le PNCEE — Pôle national des CEE). Le cours du CEE varie en fonction de l'offre et de la demande. Sur la période P5, le prix moyen du MWh cumac (unité de mesure des CEE, correspondant à 1 MWh d'énergie finale cumulée et actualisée sur la durée de vie de l'équipement) s'est stabilisé autour de 8 à 9 €/MWh cumac, contre 4 à 5 €/MWh cumac en début de P4. Un obligé qui ne remplit pas son obligation s'expose à une pénalité de 20 €/MWh cumac manquant, soit plus du double du prix de marché.

Travaux éligibles et montants des primes

Les travaux éligibles aux CEE sont définis par des fiches d'opérations standardisées, publiées par arrêté ministériel. Chaque fiche précise les conditions techniques (performances minimales de l'équipement ou du matériau), les volumes de CEE générés et les critères d'éligibilité. Au 1er janvier 2023, il existe 216 fiches d'opérations standardisées, réparties en six secteurs (résidentiel, tertiaire, industrie, agriculture, réseaux, transport).

Montants indicatifs des primes CEE pour des travaux résidentiels courants (période P5, source : fiches standardisées DGEC). Les montants varient selon la zone climatique, la surface et le signataire de charte choisi.
OpérationPrime indicative CEE (ménage modeste)Prime indicative CEE (ménage classique)Fiche de référence
Isolation des combles ou toiture12 à 20 €/m²8 à 14 €/m²BAR-EN-101
Isolation des murs par l'extérieur18 à 30 €/m²12 à 22 €/m²BAR-EN-102
Pompe à chaleur air-eau2 500 à 4 000 €1 500 à 2 500 €BAR-TH-159
Chaudière biomasse individuelle3 000 à 5 000 €2 000 à 3 500 €BAR-TH-113
Fenêtres double vitrage40 à 80 € par fenêtre25 à 50 € par fenêtreBAR-EN-104
VMC simple flux hygroréglable200 à 400 €100 à 250 €BAR-TH-127

Les opérations « Coup de pouce » sont des bonifications temporaires des primes CEE pour certains travaux prioritaires. Le Coup de pouce chauffage (remplacement d'une chaudière fioul ou gaz par une pompe à chaleur ou un système biomasse) offre une prime majorée pouvant atteindre 5 000 € pour les ménages modestes. Le Coup de pouce rénovation performante d'une maison individuelle (gain de 55 % de consommation d'énergie) peut dépasser 10 000 €.

Comment obtenir une prime CEE

La démarche d'obtention d'une prime CEE diffère de celle de MaPrimeRénov'. Le demandeur ne s'adresse pas à l'ANAH mais à un signataire de charte Coup de pouce ou à un obligé via ses plateformes partenaires. La procédure se déroule en quatre étapes.

  1. Inscription sur le site d'un signataire de charte ou d'un obligé (ou de l'un de ses délégataires) avant la signature du devis. Cette étape est impérative : si le devis est signé avant l'inscription, la prime est perdue.
  2. Signature du devis avec un artisan RGE pour les travaux éligibles. L'artisan doit être titulaire d'une qualification RGE correspondant aux travaux réalisés.
  3. Réalisation des travaux et transmission des justificatifs (facture, attestation sur l'honneur, preuve de qualification RGE de l'artisan) au signataire dans un délai maximal de 6 mois après la fin des travaux.
  4. Versement de la prime, sous forme de virement bancaire, de chèque, de bon d'achat ou de réduction sur facture d'énergie, selon le signataire choisi. Le délai moyen de versement est de 4 à 8 semaines après validation du dossier.

Cumul CEE et MaPrimeRénov'

Les primes CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov', ce qui constitue l'un des principaux leviers de réduction du reste à charge pour les ménages. Un ménage aux revenus très modestes (profil Bleu) réalisant l'installation d'une pompe à chaleur air-eau peut ainsi cumuler : MaPrimeRénov' (5 000 €) + prime CEE Coup de pouce (4 000 €) + éco-PTZ (jusqu'à 15 000 €) pour un coût total de travaux d'environ 12 000 à 16 000 € TTC, soit un reste à charge effectif de 3 000 à 7 000 €.

Le cumul est également possible avec l'éco-prêt à taux zéro, la TVA à 5,5 % et les aides des collectivités territoriales. La seule restriction porte sur le reste à charge minimum : depuis 2023, le cumul de toutes les aides ne peut pas ramener le reste à charge en dessous de 10 % du coût TTC des travaux (sauf exception pour les ménages très modestes en parcours accompagné).

Période P5 et perspectives

La cinquième période du dispositif CEE (P5) a débuté le 1er janvier 2022 et s'achèvera le 31 décembre 2025. L'obligation globale fixée pour P5 s'élève à 3 100 TWhc (térawattheures cumac), dont 1 500 TWhc réservés aux opérations en précarité énergétique. La période P6, qui débutera le 1er janvier 2026, fait actuellement l'objet de consultations entre le ministère de la Transition énergétique, les obligés et les associations de consommateurs. Les premières orientations prévoient un relèvement de l'obligation totale et un renforcement des contrôles qualité sur les chantiers financés par les CEE.

ministère de la Transition écologique — dispositif CEE

primesenergie.fr